CHARTE DE L’ALLIANCE POUR LA MAITRISE DE L’EAU ET DE L’ENERGIE (AME)

PRÉAMBULE

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 énonce en son article 25 que "Le droit à l’eau pure est un droit de l’Homme fondamental". Cette déclaration a été confirmée par l’Observation Générale nº 15 du Comité des Droits Économiques et Sociaux des Nations Unies du 26 novembre 2002.

Les dégâts occasionnés par le manque d’eau potable sont éloquents. En effet à l’heure actuelle dans le monde "il existe toujours 1,1 milliards d’humains privés d’eau potable et 2,2 milliards sans assainissement. Chaque jour, 10 000 personnes meurent pour avoir bu de l’eau polluée ".

Réunies à Washington en 2000, les Nations du monde soucieuses des conditions défavorables de vie des populations ont adopté un document - les ODM (Objectifs de Développement pour le Millénaire) - qui définit les axes et contours de réduction de 50% le niveau de pauvreté des peuples. L’accès à l’eau y figure et se focalise dans l’objectif spécifique d’amélioration des besoins essentiels de base (eau, santé, énergie, éducation, etc.) des populations de 50%.

Dans le DSCE – Cameroun, un accent particulier est mis sur des stratégies de mise à disposition des populations de l’eau potable à travers des programmes d’adduction d’eau, d’éducation et de sensibilisation et de l’énergie de base.

C’est donc à juste titre que lors du conseil ministériel de juillet 2005 présidé par le Premier ministre, le ministère de la santé publique a relevé que le choléra demeure un problème de santé publique au Cameroun. En 2004, 7 provinces du pays ont été touchées avec 8135 cas de maladies et 174 cas de décès ; en 2005, on recense au 21 juillet 2140 cas de maladie dont 75 cas de décès.

C’est à la vue de ces statistiques peu envieuses que la société civile et les pouvoirs locaux et les autres acteurs du développement local de la province de l’Ouest Cameroun ont mis sur pied une plate forme de réflexion sur les problèmes liés à l’eau et ce à l’issue d’un atelier tenu le 18 novembre 2005 dans la salle des conférences de l’UCCAO à Bafoussam-Cameroun. Cette initiative va ensuite connaitre des mutations qui vont entrainer son extension sur le plan national et l’intégration de la préoccupation énergétique.

La présente charte définie la vision, les missions et les objectifs du réseau. Elle oriente les principales actions et détermine les valeurs et principes défendues par le réseau.

I- VISION de l’AME :

Une Afrique où les citoyens disposent de l’eau potable, ont accès à l’énergie et sont à l’abri des maladies d’origine hydrique.

II- LA MISSION DE L’AME

L’AME promeut une vie meilleure des Humains par une contribution à la mise à disposition en qualité et en quantité de l’énergie et de l’eau potable pour la satisfaction de leurs besoins.

III- LES OBJECTIFS DE L’AME

Afin que la mission de l’AME soit accomplie, les objectifs suivants sont fixés :

1-    Promouvoir les initiatives participatives dans le sens de l’accès du citoyen à l’eau potable et à l’énergie;

2-   Développer des actions en faveur de l’hygiène et de l’assainissement en milieu urbain et rural, notamment sur la pollution industrielle ;

3-    Mener des actions en vue de la promotion, du développement des énergies renouvelables comme solution aux carences énergétiques ;

4-    Protéger les réservoirs naturels d’eau et les bassins versants en synergie avec les pouvoirs publics locaux ;

5- Encourager la mise en place des systèmes de gouvernance hydraulique et énergétique.

IV- LES STRATÉGIES DE L’AME

1-    Créer et animer un espace de rencontre ouvert, permanent visant à approfondir la réflexion, le débat d’idées, la formulation des propositions, des échanges en toute liberté, des expériences et l’articulation en vue d’actions efficaces pour juguler les problèmes liés à l’eau et à l’énergie,

2-     Mener des actions de plaidoyer auprès du gouvernement pour l’élaboration des politiques et stratégies efficaces pour l’accès des plus pauvres à l’eau potable et à l’énergie,

3-    Développer un processus dynamique à caractère régional, national et africain.

 

V- RELATIONS AME - POUVOIRS PUBLICS-AME

  • L’AME ne réunit et n’articule que les acteurs privés et de la Société Civile (les ANE) intéressés par les problèmes d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’énergie et constitue une instance représentative,
  • L’AME respecte cependant, l’indépendance et le positionnement des différents acteurs engagés dans l’initiative,
  • L’AME promeut les débats publics sur l’eau et l’énergie et élabore des plans d’action avec des approches innovantes qui s’arriment au DSCE ou à toute stratégie gouvernementale ou internationale du futur en matière de développement,
  • Les acteurs non étatiques et les acteurs étatiques ont été au cœur du processus d’élaboration de l’AME. Ils ont participé pleinement depuis son lancement le 18 novembre 2005 à son orientation stratégique, à sa conception et à la mise en œuvre de ses différentes phases préparatoires.

VI- RECHERCHE DES FINANCEMENTS

Des projets à caractère participatif seront élaborés et proposés aux pouvoirs publics et aux différents bailleurs de fonds qui sont sensibles aux problèmes d’approvisionnement en eau potable et en énergie.

VII- VALEURS ET PRINCIPES DE L’AME

L’AME est un espace de mobilisation de toutes les forces vives, du Cameroun et de l’Afrique sur le problème d’eau potable et d’énergie propre. Elle a été construite sur la base de quelques valeurs qui forment son socle.

Ce sont :

Un engagement militant : c’est une plate forme qui promeut l’engagement militant pour une nette amélioration des politiques et stratégies en faveur de l’eau et l’énergie,

L’ouverture : la participation la plus large possible de toutes les sensibilités du Cameroun à L’AME est encouragée

SLOGAN : « L’eau c’est l’ÂME de la vie »

Fait et adopté à Bafoussam, le 3 Mars 2006,

Actualisé le 10 décembre 2010.

 

Téléchargez la Charte de l'AME complète: ICI

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